Pendragon

« Entendez et écoutez la vie d’un grand seigneur qui, quand il vivait, n’avait point d’égal en cottage ou château. Cet événement eut lieu au temps d’Arthur, ce roi courtois et chevaleresque, et est à propos d’une de ses plus grandes aventures. Où qu’il aille, de tous les chevaliers, Arthur en est la fleur ; de tous chevaliers, il en porte l’honneur.
Tout le pays était chevaleresque en ce temps. Tous les chevaliers étaient vaillants, et les couards étaient à jamais disgraciés. »


_Thomas Mallory « Le mariage de sire Gauvain et de Dame Ragnell »

Pendragon est un JDR écrit par Greg Stafford et a été publié pour la première fois en 1985, et a été réédité quatre fois en 1990, 1993, 1999 et 2005, et même une version 5.2 sortie très récemment.

Ce jeu repose sur un concept simple : incarner une lignée de chevaliers tout au long du règne du Roi Arthur, de la Table Ronde et du récit des Arthuriades.

La gamme comporte un livre de base par édition, excepté la deuxième par Chaosium qui n’a jamais été publiée, une série de suppléments en troisième édition, largement utilisables dans les autres grâce à l’inter-compatibilité voulue et assumée entre les éditions, et la Grande Campagne de Pendragon qui est un supplément publié pour la cinquième édition.

Le système

Le système se joue avec un dé à 20 faces contre un seuil déterminé par le niveau de compétence du joueur ajusté par un éventuel bonus/malus. Quelques dés à 6 faces sont également utilisés pour le calcul des dégâts en combat. Le système est facile à prendre en main même par un néophyte, et la fiche de personnage, bien que fournie, comporte toutes les informations nécessaires au calcul des quelques caractéristiques secondaires et est bien lisible. La mécanique d’inspiration permet même au plus faible chevalier de se surpasser et d’accomplir des merveilles. Peu importe si vous êtes optimisé ou non, le système fait que vous pouvez être héroïque.

De plus le système repose sur un concept d’aventure annuelle, suivie d’une phase hivernale au cours de laquelle le chevalier s’entraîne, gère son domaine, engrange de la gloire, vieillit et tente d’avoir des enfants pour perpétuer sa lignée. Enfants dont au moins un est destiné à prendre la place du personnage, devenant le nouveau personnage du joueur dans l’évolution de la campagne.

L’univers

L’univers cherche à coller au plus près des Arthuriades telles que racontés par Thomas Mallory et Chrétien de Troyes, et assume du coup complètement une ambiance extrêmement héroïque où les passion sont une importance vitale. Ici on ne se préoccupe pas d’historicité, les anachronismes sont entièrement assumés, et on ne cherche pas une ambiance high fantasy. La magie et les enchantements sont discrets et mêlés à la trame du monde : point de boule de feu ou autre grand effet du même ordre, et les joueurs ne peuvent en aucun cas être magiciens.

Les héros vivent des aventures dignes des chevaliers de la Table Ronde dans les plus grands récits arthuriens, s’y faisant même potentiellement une place, tout en promouvant les vertus chevaleresques et l’amour courtois si chers aux romanciers de la fin du Moyen-Âge.

Contenu des livres

Le livre de base contient tout ce qu’il faut pour jouer: règles, univers de base et fiche de personnage. Quelques suppléments sont à mon sens quasi-essentiels pour jouer : le Guide du Chevalier Aventureux contient une création de personnage très détaillée et des options supplémentaires autour de cette création ; et la Grande Campagne de Pendragon contient tout l’événementiel, année après année, de ce qui se passe dans le monde d’Arthur de 480 à 565, soit 85 années d’aventures diverses et variées, avec beaucoup d’amorces d’aventures pour faire vivre les chevaliers dans le monde et le monde autour des chevaliers.

Les autres suppléments sont essentiellement des recueils de scénarii et des informations plus détaillées sur l’une ou l’autre région du monde, Les illustrations old school sont absolument savoureuses. et participent grandement du charme de ce JDR « à l’ancienne ».

Conclusion

Pendragon est, non sans raison, un géant  mythique du jeu de rôle. Son choix d’assumer entièrement son cadre 100% arthurien, loin des cadres d’univers habituels de jeu de rôle, le rend entièrement unique, tandis que son système facile à prendre en main en fait un bon choix pour initier des néophytes, et le système comme l’univers font la part belle au récit en se concentrant sur les personnages et leurs exploits héroïques.

Pour ma part, ce jeu m’a séduit dès la première lecture, et les parties que j’en ai joué, notamment la Grande Campagne que je maîtrise actuellement, n’ont fait que renforcer cette appréciation, au point que Pendragon est, de très loin, mon jeu de rôle préféré de tous les temps !


_Thierno